et l’Art dans tout ça?!

Au premier abord, on croirait que mon blog sert principalement à me défouler « intellectuellement », à polémiquer bref à n’être jamais contente lol or je suis quand même une jeune fille qui s’intéresse à beaucoup de choses et plus particulièrement à la culture. Alors j’ai décidé de consacrer un post pour exprimer mon amour de l’art!
Et pour cela, j’ai envie d’en parler à travers un reportage que j’ai réalisé sur le festival PARI OUTRE MER qui a eu lieu le week end du 27 au 29 novembre dernier.
Je sais l’évènement date d’un bon bout de temps, toutefois j’estime que c’est le genre d’initiative qui mérite d’être un peu plus relayé et qui j’espère fera autant si ce n’est bien plus de succès à la prochaine édition !!!
Le festival Pari OUTRE MER a été crée par la Délégation générale de l’OUTRE MER de la mairie de Paris.
Il s’est donné pour but de mettre en lumière la richesse culturelle des DOM-TOM à travers une série de manifestations pluridisciplinaires, à mon sens reflétant la diversité et le métissage de ces cultures Outre Mer.
Gratuit et ouvert à tous les publics, les festivités se sont déroulées dans ce superbe lieu de création et de production artistique qu’est le 104 dans le 19ème arrondissement.
On a pu ainsi assisté à des spectacles de lecture avec dès la première soirée du vendredi 27 novembre, une lecture de poèmes et de discours sur l’esclavage et le colonialisme par Edouard Montoute, Stomy Bugsy et Stany Coppet.
N’ayant pas de video tiré d’une lecture du Festival, je vous propose de voir une lecture précédente par l’acteur Stany Coppet en juin 2009:
Le travail de lecture de l’acteur s’appuie sur une série de textes des grands noms de la « pensée noire » Malcom X Léon G Damas Alexandre Dumas F. Douglass Frantz Fanon Aimé Césaire et Huey Newton.
MAGNIFIQUE!!!
 Le ton solennel, empreinte de douleur et de colère rend le texte si vibrant, si vivant et résonne en quiconque se sent concerné par la souffrance humaine et encore plus quand cette douleur  est principalement dûe à une histoire de couleurs de peau!
Alors moi qui suis noire d’origine africaine, même si je ne suis pas directement liée aux DOM TOM, j’affirme HAUT et FORT que l’histoire de ces héritiers de l’esclavage est aussi mon histoire et Même je fais partie de ces héritiers!
Je profite pour ajouter un point essentiel (décidément j’arrêterais jamais de polémiquer LOL), je tiens à dire qu’en qualité de professeur d’Histoire-géographie, il est extrêmement important de faire connaître cette histoire aux nouvelles générations,  de les sensibiliser sur les dommages collatéraux qu’elle a eu non seulement dans les sociétés de l’outre mer mais aussi en France car elle a façonné bien des mentalités  répréhensibles à l’égard de TOUS les noirs. Malheureusement, l’enseignement de l’esclavage occupe très peu d’heures dans le programme officiel et même, il est simplement évoqué en 4ème dans le cadre de l’étude du commerce triangulaire très prisé dans l’Europe des XVI-XVII-XVIII èmes siècles. Avec une marge de manoeuvre aussi fine comment ne pas tomber dans une présentation simpliste du phénomène et contribuer ainsi à la propagation d’idées complètement erronées et des préjugés chez des élèves qui ne feront pas la démarche d’approfondir le sujet par eux-mêmes. Et c’est comme ça que j’entends certains jeunes antillais affirmés que c’est la faute des Africains si leurs aieux ont subi l’esclavage ou de faire une profonde dichotomie entre Antillais et Africains!
Voilà pourquoi je prends mon rôle de professeur très à coeur et je pense pouvoir faire avancer un tout petit peu les choses à ma manière 🙂
Revenons au festival.
Les journées du samedi et dimanche, le public pouvait découvrir une merveilleuse exposition située dans les jardins et l’allée centrale du 104, couverts d’oeuvres picturales et sculpturales diverses, réalisées par des artistes de la Réunion et de la Dom’New Art;

Voici quelques photos:


J’adore cette sculpture, j’aime beaucoup la sensualité que dégage cette femme tout en courbes, j’ai l’impression qu’à travers l’oeuvre, l’artiste a su exprimer son désir de façon intimiste et tout en retenue. J’aime aussi l’attitude offerte et légèrement provocante de la femme. En fait, pour moi ce regard d’homme sur cette femme exprime LA passion. Une passion dont on veut rien savoir mais qu’on veut imaginer dévorante, désintéressée et destructrice. Une passion érigée ici en art. C’est très BEAU.
Ce qui m’a marqué dans cette exposition, c’est bien évidement le talent de ces artistes mais c’est surtout l’Universalité des DOM TOM où se sont rencontrés des populations venues (de force pour une grande majorité) du monde entier où Amérindiens, Européens, Africains, Asiatiques se sont mêlés pour créer des cultures uniques.

Ce métissage, véritable brassage des cultures du monde se retrouvent magnifiquement dans tous les spectacles et les oeuvres que nous a donné à voir ce festival. Qu’ils soient originaires de Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie ou Saint Pierre et Miquelon tous ont en commun cette HYBRIDITÉ.

Ce qui m’amène à parler de cette compagnie de danse HYBRIDES et de son spectacle de danse intitulé SAKI AN DIDAN’S.
Un peu avant le spectacle j’ai rencontré la chorégraphe guadeloupéenne Fabienne REINEEn expliquant en détail sa toute première présentation artistique, j’ai trouvé un écho avec ce que j’ai pu ressentir et apprécié précédemment, cette notion à la fois bizarre et pleine de sens ici, la notion d’HYBRIDITÉ un terme qui me plaît car je m’y retrouve d’une certaine façon!C’est ainsi que Fabienne Reine (dont je tiens à souligner la gentillesse 🙂 )  m’informe que SAKI AN DIDAN’S est un terme créole qui veut dire littéralement  » Ce qu’il y a dedans » mais qu’il s’agit plus particulièrement de « Ce qui nous vient de l’intérieur s’anime pour laisser place à la poésie du geste ».
Pour Fabienne Reine, l’objectif du spectacle est de refléter le mélange subtil entre tradition et modernité créoles et je confirme on est totalement transporté par son esthétisme à la fois suave et éclectique.
Pour ce qui est de la musique, il s’inspire des rythmes du  Gwo Ka et du jazz.
Le Gwo Ka est né durant la période de l’esclavage. Cette musique est une perpétuation de la musique africaine et constituait pour les esclaves un moyen de fuite, d’évasion et de communication. Cette musique mal vue pendant longtemps dans la société a survécu jusqu’à aujourd’hui pour devenir la première musique et danse en Guadeloupe.

Du pur bonheur! Le plus beau moment du spectacle est une magnifique scène d’amour, un corps à corps sensuel entre le danseur et la danseuse vêtue d’une robe rose sur fond de musique traditionnelle indienne à base de sitar. Sobriété, sensualité, Pudeur… rien de mieux pour suggérer l’amour physique LOL MOI J’ADORE. D’ailleurs c’est typiquement bollywoodien ce genre de scène 🙂




Il y avait aussi le spectacle d’une humoriste Marie Thérèse Barnabé intitulé Négresse de France






Le personnage, Souria Adele témoigne avec humour de la vie d’une femme noire en France, depuis les années 60 jusqu’à nos jours. 
Le spectacle est assez drôle et très interactif. toutefois j’ai été déçu par son manque de profondeur. Le problème est abordé assez superficiellement. Dommage mais j’avoue cette femme a un bagou, une énergie débordante et surtout du RÉPONDANT !!! j’aime ça!!






Bien-sur le festival ne se résumait pas à ces 3 événements il y a eu aussi des concerts, des lectures de contes pour les enfants, des projections de films, des dédicaces d’écrivains mais ce sont les seuls auxquels j’ai pu assister et je ne regrette pas d’avoir fait le déplacement!!

Ce que je retiens de ce festival c’est d’avoir enfin eu l’occasion de découvrir la diversité culturelle des Caraïbes françaises dont on parle très rarement en métropole!

Ce festival leur donne une certaine visibilité qui manque cruellement pour des populations qui appartiennent totalement à La France et font partie du patrimoine de ce pays mais dont leur lien à la nation française est sans cesse remis question par les ignares et la suffisance affichée des responsables politiques qui il faut le dire n’ont rien à foutre de leurs anciennes colonies d’outre-mer sauf quand ils ont besoin de leurs voix lors des grandes élections!

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Auteur : manyyyyyyyy

Jeune trentenaire, enseignante, afroféministe et panafricaine, je m'attèle à ce que le monde et moi cheminions vers plus de justice, de paix et d'amour.

Une réflexion sur « et l’Art dans tout ça?! »

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