Transmettre la mémoire de l’esclavage : un défi politique primordial – Partie 1

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Depuis 2006, la date du 10 mai est une journée commémorative, nationale, qui honore « les mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition ». Proposée par le comité pour la mémoire de l’esclavage, ancêtre du CMHE actuel (Comité National pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage), le 10 mai marque le souvenir du fameux discours de Louis Delgrès, prononcé en 1802 pour entretenir la résistance, suite à l’arrivée des troupes napoléoniennes en Basse-Terre (Guadeloupe), chargées de rétablir l’esclavage des noir-e-s. Il renvoie aussi au jour de l’adoption par le Sénat de la loi 2001 reconnaissant la traite et l’esclavage des noir-e-s comme des crimes contre l’Humanité.

Lorsque je me suis levée ce dimanche 10 mai 2015, j’étais toute fébrile. Conviée à participer à une table ronde, organisée par le Collectif 10 mai, en qualité d’enseignante d’histoire-géographie, j’attendais l’événement avec impatience. Bien que c’était ma 3ème intervention publique, mon coeur n’avait jamais battu aussi fort. Comme d’habitude, la peur de bafouiller, de mal m’exprimer, d’être insipide sachant que je serai aux côtés de personnes expérimentées. Dans un lieu attractif, la Bellevilloise, qui gageait d’une participation importante de jeunes et de bobos blanc-he-s. (ce qui ne fut pas le cas, car j’oubliais que pour trop de blanc-he-s, l’histoire de l’esclavage ne les concernerait pas… Une histoire trop dure à assumer…). J’étais donc décidée à bien préparer mon argumentaire. Et comme je suis une personne consciencieuse (dès que je m’y mets :D), j’ai consulté l’ensemble des programmes d’Histoire-géographie du secondaire et ceux du lycée professionnel en passant par la lecture exhaustive des fiches EDUSCOL.

Oui c'est moi avec la veste rose, toute sérieuse et attentive :D
Oui c’est moi, sur la droite avec la veste rose, toute sérieuse et très attentive 😀 – photo prise par @MaëlleTriolet

Ce que j’ai trouvé à l’issue de cette investigation était inquiétant mais aussi très révélateur. Je comprenais mieux les assertions aberrantes qui se déversaient sur Twitter via le hashtag #10mai. En effet, depuis la matinée, un tas de bêtises pullulaient sur le réseau (allant jusqu’aux propos haineux) prouvant la profonde méconnaissance de l’Histoire de l’esclavage des noir-e-s par les pays occidentaux, de son indéniable spécificité et de ce fait, de son caractère imménement historique !


Voilà pourquoi, il m’a semblé important de revenir sur les poncifs puants véhiculés autour de cette histoire, car ils posent d’énormes problèmes d’un point de vue politique et tout-e militant-e anti-raciste digne de ce nom, se doit de les déconstruire – coucou les gauchos pseudos révolutionnaires qui se plaignent dès qu’on parle de Code Noir, esclavage, colonisation… 😀

Ce post s’adresse aussi aux enseignant-e-s d’histoire-géographie, à celles et ceux qui souhaiteraient aborder le sujet avec un minimum de rigueur intellectuelle. Rigueur plus que nécessaire lorsqu’il s’agit d’aborder les questions d’Histoire dites « sensibles » tels que l’esclavage des noir-e-s, la colonisation, l’immigration ou encore la Shoah – en gros, tout ce qui fout mal le/la professeur-e blanc-he confronté à une classe de basané-e-s 😀


Alors comment enseigne t-on l'histoire de l'esclavage actuellement ?
Alors comment enseigne t-on l’histoire de l’esclavage actuellement ?

Ce qui m’a clairement choqué lorsque j’ai consulté les fiches EDUSCOL, c’est l’absence totale de mise en avant du concept d’esclavage. En Histoire, chaque chapitre étudié doit faire émerger des notions, des concepts qui ont été historiquement construits et sont essentiels à connaître pour comprendre le fonctionnement de nos sociétés « modernes », occidentales.  Exemples : citoyenneté, religion, civilisation, Etat, guerre, République etc…

En revanche, aucune attention n’est soulignée par la fiche sur le concept d’esclavage des noir-e-s. Au lieu d’amener les élèves à réfléchir sur la portée historique de cet esclavage particulier, il est demandé de traiter la question en classe de quatrième, sur 6 heures, évaluation comprise, en décrivant le trajet d’un bateau négrier – pour bien montrer l’aspect commercial de la traite négrière – puis la vie des esclaves dans une plantation. On retrouve ensuite le sujet en classe de Seconde, dans le dernier chapitre « Libertés et nations en France et en Europe dans la première moitié du XIX e siècle » rarement travaillé, faute de temps. Et si il est vu, il s’agit de mentionner succinctement les mouvements abolitionnistes illustrant la fièvre libérale des Européens à cette période. Je ne me penche pas sur le lycée professionnel car je n’y connais pas grand chose mais je sais qu’en classe de Seconde pro, il y a un chapitre intitulé le « premier empire colonial français, XVI-XVIII e s. ».

Avec une majorité d’enseignant-e-s non spécialistes de cette histoire et/ou qui ne se sentent pas concerné-e-s par celle-ci, comment ne pas s’inquiéter de la mystification,  ou pis de la pure et simple falsification de l’Histoire de l’esclavage, confortant la négation de toute question raciale en France ou encore le statu quo des DOM-TOM, relégués à la périphérie de la périphérie du territoire et de la nation française

Voilà pourquoi, il me semble utile de revenir sur les lieux communs qu’on entend chaque année autour de cette Histoire afin de les briser.


  • « Ça parle d’esclavage le 10 mai, mais pensez-vous aux petits Philippins qui ont fabriqué les baskets que vous portez ?! »

Ici, il y a clairement une confusion entre esclavage et exploitation, largement dû à la polysémie du mot « esclavage » qui renvoie aujourd’hui à toute forme d’exploitation et d’atteinte à la liberté.

Tout d’abord, rappelons que l’esclavage dont nous parlons le 10 mai désigne un fait institutionnel. Il qualifie une société organisée autour de la privation de libertés de certaines personnes, nommées esclaves et/ ou la situation de celles-ci. Les esclaves sont dépourvus d’existence politique, sans droits et assujettis à un maître qui les possède. Ce maître dispose des esclaves à son gré, le plus souvent en les contraingnant à travailler sans rémunération. L’esclavage est un système rentable lorsque les ressources nécessaires à la prospérité d’une communauté dépendent entièrement de la force humaine. Concernant les petit-e-s Philippin-ne-s mentionnés ci-dessus, il faut donc parler d’exploitation, c’est-à-dire un système qui tire des bénéfices en profitant des faiblesses de l’exploité – pauvreté, statut d’infériorité des mineur-e-s, législation et Etat défaillants etc… Alors oui on peut parler de « conditions d’esclave » lorsqu’illes travaillent 6 jours sur 7, 14 h par jour mais au bout d’un moment il faut être sérieux et cesser d’amalgamer des réalités totalement différentes en comparant l’esclavage organisé des noir-e-s entre le XVe et XIXe siècles et la conjoncture actuelle des pauvres exploité-e-s dont une grande partie touche prioritairement les noir-e-s ! (Et ça, ce n’est pas l’effet du hasard, vous vous en doutez…)

Ce genre de propos a juste pour but de silencier les noir-e-s quoique nous fassions. Je voudrais donc dire à celles et ceux qui savent tout sur tout, savent mieux que nous et savent même ce qui serait bien pour nous, FERMEZ-LA ! Car je suis navrée de vous dire que vous êtes très ignorant-e-s et j’ai de la peine à croire que vous vous complaisez dans cette ignorance… Par contre, je vous arrête tout de suite, je ne nie pas l’esclavage contemporain… qui sévit encore plus fortement dans ce monde fracturé par les inégalités. C’est même un enjeu de taille puisque dans la continuité de l’esclavage des noir-e-s, il concerne une proportion non négligeable des populations issues des pays appauvris par le système capitaliste mondialisé, de l’Afrique subsaharienne. Ce qui m’intéresse donc est de définir clairement et simplement ce que fut l’esclavage des noir-e-s de la fin du XVe jusqu’au XIXe siècle.

De quoi parle t-on lorsque nous abordons cette histoire ? Pourquoi suscite t-elle autant de tensions ou pis de l’indifférence ? Pourquoi doit-elle être connue et comprise par les noir-e-s de France, même si elle ne concerne pas que nous mais aussi les blanc-he-s, qu’illes le veuillent ou non, même si elle ravive le temps douloureux de la défaite et de l’humiliation pour les peuples noirs.

  • « Nous n’étions pas les seuls à avoir mis en esclavage les noir-e-s ! Regardez les traites transsahariennes, arabo-musulmanes, orientales mais aussi dans l’Océan Indien ! »

D’ailleurs, l’une des exigences fixées par la fiche EDUSCOL est celle de replacer la traite négrière transatlantique dans un contexte de généralisation de la traite des noir-e-s notamment en présentant les circuits de traite vers les empires/royaumes arabo-musulmans depuis le VII e siècle ou encore vers les îles de l’Océan indien et du sous-continent.

Encore, une fois, on ne peut pas nier le caractère biaisé de cette approche. Avec le peu de temps et de formation dont bénéficie l’enseignant-e sur le sujet, il est clair que ce qui est transmis aux élèves est une façon de minimiser la responsabilité des États européens et de leurs institutions. Mettre sur le même plan des traites aussi diverses par leur forme, leur mise en oeuvre, leurs acteurs, ceci à travers le temps et l’espace est très dangereux, voire contraire à toute démarche réellement scientifique.

Pourquoi la traite des noir-e-s transatlantique se distingue t-elle des autres traites ? Pourquoi est-il impératif de souligner la singularité, l’exceptionalité de la traite négrière et de l’esclavage des noir-e-s par les États occidentaux ?

Inscrite dans le mercantilisme, la traite et la mise en esclavage des noir-e-s étaient à la base d’un commerce colonial reposant sur l’exploitation d’une main d’oeuvre abondante, capable de trimer sur d’énormes terrains, sous des climats « tropicaux » afin de fournir les produits « tropicaux » en vogue sur les marchés européens (café, sucre, coton…). Ceci à « bon prix » et en limitant les coûts de production. C’est ainsi que fut institué une logique quasi industrielle de la traite négrière avec l’essor de ces navires, guides commerciaux, assurances spécialisées, chasseurs/fournisseurs d’esclaves.

La quête de rentabilité – peu de coûts pour un maximum de corps noir-e-s – s’est traduite par la déportation de 12 à 18 millions d’Africain-e-s en 4 siècles – d’après CMHE. Ce chiffre effrayant montre non seulement l’intensité et la férocité de ce commerce mais aussi son inhumanité... Qui n’a pas déjà vu ces célèbres illustrations de navires négriers remplis de corps noir-e-s indistincts, empaquetés, chosifiés dans les cales inférieures – illustrations d’une violence inouïe en tant que noir-e…

Sans oublier les nombreux mort-e-s lors du passage du milieu
Sans oublier les nombreux mort-e-s lors du passage du milieu.                                                                  Sculptures sous-marines au coeur de la baie de Molinere sur l’île de Grenade, mer des Antilles par Jason deCaires Taylor.

Pourquoi une traite aussi déshumanisante ? Pourquoi un esclavage aussi virulent ? Et bien parce que cette quête de rentabilité s’est accompagnée de la construction idéologique du noir-e.

Pour la première fois dans l’histoire humaine, des peuples se rencontraient et se côtoyaient dans des rapports hypers violents, où la domination et le pouvoir primaient et garantissaient l’échange.

C’est avec la traite et l’esclavage que les peuples d’Afrique sont devenus les seuls peuples désignés par une unique caractéristique – étrange – celle de la couleur de peau… Alors que les noir-e-s d’Afrique étaient bien connus voire présents sur le continent européen avant le XVe s., pour la première fois, les noir-e-s ne venaient plus d’une région géographique ou d’une culture – comme le nom de l’ancêtre commun porté par la communauté permettait d’identifier, mais étaient juste des noir-e-s. C’est à ce moment là que les Africain-e-s sont devenus des noir-e-s, dépeints comme des sauvages, sans civilisation et/ou qu’il fallait « reciviliser » par l’esclavage.

Une longue et efficace entreprise idéologique – corollaire à la domination occidentale – a définitivement ancré la négrophobie, dans le monde entier : tout un imaginaire autour de la figure du noir-e est développé et entériné juridiquemment en France, par le fameux Code Noir.  Celui-ci est le résultat d’un arsenal de théories philosophiques, religieuses – exemple : en 1454, une bulle papale autorise le roi du Portugal Alphonse V, de pratiquer la traite négrière – mais aussi sociologiques et anthropologiques cherchant à justifier l’injustifiable, à justifier pourquoi l’esclavage touchait les noir-e-s, pourquoi leur nature les prédisposait à la servilité et donc que l’esclavage des noir-e-s était inéluctable, normal même bénéfique.

Le Code Noir
Le Code Noir
  • Les Africain-e-s pratiquaient eux-mêmes l’esclavage

Là encore, on essaye de noyer le poisson dans l’eau car si on a bien compris ce qu’était l’esclavage comme système organisationnel d’un État, aucun empire ou royaume d’Afrique n’a été institué politiquement sur la base de cette pratique, contrairement aux sociétés esclavagistes des colonies « outre-mer ». En revanche, oui il y avait des personnes et/ou des catégories sociales désignées esclaves, et/ou d’ascendance et de destinée servile. De même, des entités politiques africaines ont profité de la traite et du commerce des noir-e-s avec les Européens ou les Arabes pour s’enrichir et dominer leurs adversaires voisins mais l’esclavage n’était pas aux fondements de leur existence politique.

Dans l‘Afrique pré-coloniale, en particulier au royaume du Kongo, la servilité était courante. La terre étant une propriété commune, l’enrichissement et l’élévation sociale passaient par la possibilité de cultiver un maximum de surfaces. D’où l’intérêt pour les chefs de famille de disposer d’une main-d’oeuvre importante. C’est ainsi que des hommes et des femmes étaient « ostracisés » socialement par un statut d’esclave – c’est-à-dire qu’illes sortaient de leur lignée matrilinéaire pour intégrer celle de leur maître-sse. Le plus souvent, il s’agissait des prisonnier-e-s de guerre, des prisonnier-e-s pour dettes, des transgresseurs de l’ordre social, politico-religieux et bien-sûr des descendants d’esclaves nommés aussi « captifs de case ».

Leur sort n’avait toutefois rien de commun avec celui des esclaves noir-e-s employés dans  les plantations américaines. Les « captifs de case » étaient généralement intégrés au cercle familial des maître-sse-s et traités comme des domestiques ou des cousins et pouvaient éventuellement combattre. On retrouve ces processus d’intégration dans la Grèce et la Rome antiques où des esclaves occupaient des postes dans l’administration, la gestion du commerce ou encore dans l’artisanat, la médecine etc…

On est donc dans une logique – variable selon la période, le lieu et les peuples concernés -de servitude que le système social soutenait. Il s’agit moins d’esclavage que de servage – terme provenant du latin « servus » qui veut dire « esclave ». Il est défini par la Convention relative à l’abolition de l’esclavage des Nations unies comme la « condition de quiconque est tenu par la loi, la coutume ou un accord, de vivre et de travailler sur une terre appartenant à une autre personne et de fournir à cette autre personne, contre rémunération ou gratuitement, certains services déterminés, sans pouvoir changer sa condition ».

L'enfer de la plantation, esclave en terre et société inconnues...
L’enfer de la plantation, esclave en terre et société inconnues…

La servitude n’atténue pas l’horreur de la condition d’esclave ! Mais elle montre à quel point, on est loin du microcosme totalitaire que furent les plantations des maître-sse-s blanc-he-s dans les colonies américaines. Des plantations où les noir-e-s étaient condamné-e-s à y vivre sans repères, dépouillés de leur être et cultures, enfermés dans un immense huis-clos agencé autour de la maison de l’esclavagiste. Des noir-e-s privés de toute liberté de circulation, de réunion, de pensée, d’existence propre – par la déstructuration des liens familiaux, ethniques et sociaux entre les noir-e-s – aucun échappatoire (en théorie) en dehors des maître-sse-s, ni d’ascension sociale en dehors de la plantation et de l’affranchissement. La plantation constituait donc un cadre oppressant et oppressif où la violence dans toutes ses formes (physique, psychologique, symbolique etc…) était la norme, un cadre où les rapports se faisaient en fonction de l’arbitraire total des maître-sse-s. La plantation était un véritable camp de concentration à ciel ouvert. 

  • Les Africain-e-s  n’ont pas résisté 

Je sais l’article est long et je propose une vidéo d’une heure sur les RÉSISTANCES mais une telle durée prouve que tout ce pan des luttes a été volontairement occulté car les sources ne manquent pas pour affirmer que LES AFRICAIN-E-S ONT RÉSISTÉ. Cet effacement stratégique permet de justifier la négrophobie et de perpétuer l’infériorité quasi congénitale des noir-e-s. Méconnaitre les résistances, ne pas les enseigner et encore moins les évoquer c’est fausser la réalité historique – les Africain-e-s ont résisté dès le début – regardez la fabuleuse histoire de Kimpa vita, une Kongolaise qui se dressa contre les négriers portugais ou encore comment la reine Nzinga (Angola) et le roi Soundiata Keita (Mali) – avec la Charte du Manden datant de 1236, vise donc la traite arabo-musulmane – firent interdire l’esclavage. Illes n’ont jamais cessé de résister en fuyant vers des territoires africains inaccessibles, en menant des révoltes à bord des navires, en assassinant les maître-ses-s, en s’échappant des plantations pour reconstituer des micro-Etats dans les colonies. Et l’apothéose de ces résistances se déploie au XVIII e s. avec la célèbre révolution haïtienne, seule société esclavagiste a avoir arraché l’abolition et gagné son indépendance. De même, que les abolitions doivent être comprises dans un contexte de révoltes de plus en plus nombreuses et considérables, rendant la traite et l’esclavage de moins en moins rentables et de plus en plus risqués. Dans la 2e partie, je reviendrai sur les résistances moins visibles que sont la naissance de nouvelles cultures, les stratégies de contournement ou d’évitement des esclaves face au joug despotique du pouvoir esclavagiste.

  • Les Africain-e-s ont vendu leurs frères et soeurs

Je vous renvoie à la vidéo et aux propos développés ci-dessus – j’avoue trop de flemme face à ce genre d’arguments stupides et anachroniques en plaquant notre réalité de noir-e-s, aujourd’hui conscients de former une communauté d’expérience afro-descendante, malgré notre dispersion dans le monde entier, sur une réalité inexistante et même un non-sens à cette période.

  • « De tout temps, dans toutes les civilisations, il y a eu de l’esclavage »

Cette longue démonstration a pour objectif de comprendre que le but même d’enseigner l’histoire de CET esclavage consiste à ne plus le noyer dans un esclavage comme un autre. Non, il est différent car il fut à la base de la domination économique, militaire et culturelle des pays occidentaux sur le reste du monde, particulièrement de l’Afrique subsaharienne. Il est le prémisse à la déshumanisation de certains groupes humains – aboutissant aux génocides. Il est le terrain d’expérience de l’entreprise coloniale – simple prolongement de l’esclavage – et de l’impérialisme. Il est à la source de notre monde injuste et furieusement négrophobe.

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Auteur : manyyyyyyyy

Jeune trentenaire, enseignante, afroféministe et panafricaine, je m'attèle à ce que le monde et moi cheminions vers plus de justice, de paix et d'amour.

15 réflexions sur « Transmettre la mémoire de l’esclavage : un défi politique primordial – Partie 1 »

  1. Merci ! On avait il y a quelque temps regardé le contenu des manuels d’histoire sur l’esclavage ainsi que sur la colonisation… Tristes en nous disant qu’il allait falloir en ajouter des enseignemts et précisions sur la réalité du passé si nous avions un enfant, ou une discussion avec un ami… car oui, et moi meme je m’en souviens bien, ce sont des passages de l’Histoire et de l’histoire de France qui étaient vite expédiés avec un sentiment de « tout s’est bien fini » et faisant fit des révoltes, luttes, guerre (ex : France-Cameroun pour la decolonisation… absence totale dans la memoire collective de notre histoire)… Bref merci de remettre les choses à leur place et préciser toute notre histoire de l’esclavage !

  2. Les fondements idéologiques de l’Occident qui ont justifiés l’esclavagisme et les génocides sont remarquablement instruits dans un ouvrage de Sven Lindqvist: « Exterminez toutes ces brutes » aux Editions des Arènes, 2007.

  3. Salut! Merci beaucoup pour ces explications. Tu expliques très bien tout « ça ». Je suis blanche et j’aimerai lutter contre le racisme mais j’ai l’impression de faire un peu comme du « mansplanning » pour le sexisme. Quand j’explique à mes parents (profondément racistes) que le racisme existe (iels ne me croient pas), je ne me sens pas légitime, est ce que c’est normal? Est ce qu’il y a moyen d’aider cette cause? (Désolée si j’utilise des termes incorrects, ou si mes propos sont déplacés)
    Merci

    1. Bonjour, pas de quoi ! Je pense que lutter contre le racisme dans la vie quotidienne en tant que personne blanche, c’est d’éduquer votre entourage à déconstruire la blanchité, comme vous le faites auprès de vos parents. Même si, bien sûr, vous serez confrontée au déni arrangeant, face à ce problème systémique qui induit une remise en cause de soi et surtout de ses privilèges concrets, matériels. Mais en tout cas, ne pas hésiter à aller au front, c’est vraiment en cela que nous comptons sur votre rôle d’alliée. A bientôt 😀

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