2017, an 1

Coucou les ami-e-s ! Me revoilà enfin ! Avec cette promesse qui n’engage que vous 😂: être plus réactive sur mon blog en cette nouvelle année 2017… ( c’est chaud, j’ai débuté ce post en janvier !!!)

Tout d’abord, une petite mise au point en répondant à cette question : Pourquoi une si loooooooongue absence du blog ?

  • eh bien un énorme coup de fatigue physique et mental :

C’est surprenant à quel point je n’avais pas conscience de l’impact de la précarité sur mon état de santé. Maintenant que je suis posée professionnellement, je peux témoigner de l’immense violence symbolique et matérielle que fut ma (courte) carrière d’enseignante contractuelle : le stress qui montait chaque 15 août, lorsque je me demandais si j’aurais du travail au mois de septembre, la boule au ventre qui se formait lentement lorsque je me retrouvais dans l’interminable file d’attente, au service DPE 2 du rectorat dans l’espoir, piètre, d’obtenir un contrat. La colère et l’impuissance qui immobilisaient mon corps, face au mépris et à l’impolitesse des employé-e-s débordés… Puis la résignation, lorsque j’obtenais un contrat sur un ou deux établissements éloignés, à plus d’une heure de transport, les uns des autres ainsi que de chez moi ou pis un contrat partiel qui engageait une soudaine et imprévue perte de revenus quand je ne pointais pas à Pôle Emploi pour une semaine ou un mois complet, faute de postes disponibles.

« C’est mieux que rien… », « Ne te plains pas, toi au moins tu as un travail et pas n’importe lequel ! », « Attends tu as vu le nombre de chômeurs ?! Avec 10% de la population active, tu n’as pas vraiment le choix ! « , « Qui va te prendre en charge ? »

AVERTISSEMENT : J’ÉCRIS TOUJOURS AUTANT 😅 ! Et si vous abandonnez, veuillez faire tourner cette information, je recherche un-e webmaster (que je suis prête à rémunérer) pour fusionner, réorganiser et embellir mon blog ! Merci !

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Une histoire de peau, mon témoignage paru dans la revue Africultures, « Afropéa, un territoire culturel à inventer » n° 99-100

 

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C’était au temps des rencontres souhaitées, de la liberté tant désirée, de l’émulation intellectuelle stimulée… Je venais enfin d’obtenir mon bac avec mention, après de longues années de dur labeur, de mal-être lié à l’adolescence et de conflits récurrents avec des parents trop sévères… J’étais enfin là où je devais être: une adulte, étudiante à la faculté, dans une filière qui me passionnait plus que tout : l’Histoire.
C’était le temps d’une conscience aiguë de pouvoir enfin être moi-même, affranchie des contraintes de l’enfance sans pour autant savoir où j’allais, encore moins vers quoi je tendais…

Un soir d’hiver, de retour d’un cours d’histoire médiévale, je me regardais dans le miroir et je vis ce que j’avais toujours vu sans jamais comprendre ce que cela représentait : ma peau noire. … «Comment avais-je pu ne pas me rendre compte que j’étais noire ? »

Face à ce miroir, je me remémorai la réflexion d’une camarade de classe, plus tôt dans l’après-midi. Elle m’avoua au déjeuner que la première fois qu’elle me rencontra, elle était persuadée que j’étais une « racaille », mais qu’elle était bien contente de constater que ce n’était pas le cas. Puis, elle termina sa gifle verbale en affirmant, par un grand sourire aux lèvres, qu’en fin de compte, je n’étais pas vraiment noire car je m’exprimais particulièrement bien et faisais de longues études…

Voici donc le temps du désenchantement, du choc brutal, de la confrontation. Je faisais face à une réalité à laquelle je n’avais pas été préparée: devenir et n’être qu’une peau noire. Loin de l’enfance plus ou moins paisible, loin du melting pot de la petite ville périurbaine dans laquelle j’avais grandi, je découvrais et me mouvais dans un monde uniformément blanc, où l’on me renvoyait sans cesse à un continent que je ne connaissais pas, à une culture que je ne pratiquais pas, à des traits de caractère auxquels je ne correspondais pas…

« Non, je ne danse pas le coupé-décalé », « non, je ne cuisine pas tous les soirs du mafé », « non, je ne couche pas avec le premier venu », « non, je ne me suis jamais battue», «non je n’ai pas huit frères et sœurs», «Non, non, non et non.»…

Quelle était donc cette peau noire qui suscitait tant de fantasmes chez les autres et autant d’interrogations chez moi ?

 

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