Le racisme, fils de l’esclavage

PS : Je m’excuse de ma longue absence mais j’ai eu beaucoup à faire dans ma vie IRL 😀 j’espère revenir bientôt ! Merci à celles et ceux qui pointent le bout de leur nez sur mon blog ♥️♥️♥️

PUBLICATION DE MON ARTICLE PARU DANS LA REVUE « DEVOIR DE MÉMOIRE » SUR L’ESCLAVAGE TRANSATLANTIQUE ET POUR LEQUEL JE N’AI PAS ÉTÉ PAYÉE (Dont une grosse partie des contributeurs)

Le racisme, fils de l’esclavage

Si une histoire paraît taboue en France, c’est bien celle de la déportation des Africain-e-s vers les colonies d’Amérique et leur mise en esclavage, à partir du XVe siècle de notre ère. Une histoire si taboue qu’elle est quasi inexistante dans l’espace culturel et social français ! La très faible médiatisation des journées commémoratives telles que le 10 mai – journée nationale à la mémoire de la traite, de l’esclavage et de leur abolition (le 22 mai pour la Martinique et le 27 mai pour la Guadeloupe) montre à quel point l’histoire de l’esclavage des noir-e-s est à l’extrême périphérie de la mémoire collective française et reste cantonnée à une affaire de noir-e-s et/ou de DROM-COM. De même, le peu d’œuvres artistiques consacrées à ce pan de l’histoire, par manque d’investissements financiers et du désintérêt clairement exprimé par les tenants de la culture mainstream française, accentue l’apathie et entrave depuis des décennies une possible et nécessaire vulgarisation de l’événement. Cela se traduit aussi par une carence de départements universitaires, d’experts, de musées et expositions dédiés à l’histoire de l’esclavage.

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Une histoire de peau, mon témoignage paru dans la revue Africultures, « Afropéa, un territoire culturel à inventer » n° 99-100

 

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C’était au temps des rencontres souhaitées, de la liberté tant désirée, de l’émulation intellectuelle stimulée… Je venais enfin d’obtenir mon bac avec mention, après de longues années de dur labeur, de mal-être lié à l’adolescence et de conflits récurrents avec des parents trop sévères… J’étais enfin là où je devais être: une adulte, étudiante à la faculté, dans une filière qui me passionnait plus que tout : l’Histoire.
C’était le temps d’une conscience aiguë de pouvoir enfin être moi-même, affranchie des contraintes de l’enfance sans pour autant savoir où j’allais, encore moins vers quoi je tendais…

Un soir d’hiver, de retour d’un cours d’histoire médiévale, je me regardais dans le miroir et je vis ce que j’avais toujours vu sans jamais comprendre ce que cela représentait : ma peau noire. … «Comment avais-je pu ne pas me rendre compte que j’étais noire ? »

Face à ce miroir, je me remémorai la réflexion d’une camarade de classe, plus tôt dans l’après-midi. Elle m’avoua au déjeuner que la première fois qu’elle me rencontra, elle était persuadée que j’étais une « racaille », mais qu’elle était bien contente de constater que ce n’était pas le cas. Puis, elle termina sa gifle verbale en affirmant, par un grand sourire aux lèvres, qu’en fin de compte, je n’étais pas vraiment noire car je m’exprimais particulièrement bien et faisais de longues études…

Voici donc le temps du désenchantement, du choc brutal, de la confrontation. Je faisais face à une réalité à laquelle je n’avais pas été préparée: devenir et n’être qu’une peau noire. Loin de l’enfance plus ou moins paisible, loin du melting pot de la petite ville périurbaine dans laquelle j’avais grandi, je découvrais et me mouvais dans un monde uniformément blanc, où l’on me renvoyait sans cesse à un continent que je ne connaissais pas, à une culture que je ne pratiquais pas, à des traits de caractère auxquels je ne correspondais pas…

« Non, je ne danse pas le coupé-décalé », « non, je ne cuisine pas tous les soirs du mafé », « non, je ne couche pas avec le premier venu », « non, je ne me suis jamais battue», «non je n’ai pas huit frères et sœurs», «Non, non, non et non.»…

Quelle était donc cette peau noire qui suscitait tant de fantasmes chez les autres et autant d’interrogations chez moi ?

 

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