SPOILER – « Dear White People », du rêve d’un cinéma afro politisé au cauchemar d’un ciné new afro dépolitisant

Je me souviens encore des fous rires incessants qui secouaient mon corps après avoir vu des extraits du film « Dear White People »…Chaque extrait semblait une réflexion à la fois politique et drôle adressée à la suprématie blanche, une punchline jubilante qui promettait enfin de mettre les points sur les « i », les barres sur les « t », une dénonciation « sympathique » des comportements oppressifs des blanc-h-es à l’égard des noir-e-s, particulièrement dans les espaces de la domination, comme les universités !

Ces extraits me faisaient d’autant plus plaisir qu’ils me permettaient d’exorciser mes frustrations et mon sentiment de désespoir face à une France obstinément aveugle  à la question raciale, et ses élites « arriérées » persistant à l’occulter ou pire à la renvoyer à un simple débat identitaire voire psychologique… D’ailleurs, je n’aurais jamais parié la sortie du film dans les salles françaises car à l’instar de « Think like a man », la majorité des protagonistes sont noir-e-s et donc ne pouvait être que censuré car perçu comme trop « communautariste » -___-« 

Lorsque j’appris qu’un distributeur – Happiness distribution – avait acheté les droits pour sa diffusion en France, j’étais super ravie ! Il faut dire que nous étions nombreu-ses-x sur les réseaux sociaux à réclamer le film. Et ceulles qui avaient pu le voir en exclusivité, ne tarissaient pas d’éloges… – je vais éviter de dénoncer les gen-te-s ;D.

Puis il est sorti, un mercredi 25 mars. Les critiques de ma timeline Twitter ne se sont pas faites attendre. Les commentaires étaient très sévères et généralement déçus… J’avais beaucoup de mal à y croire – ça faisait si longtemps que je désirais le voir – pourtant je l’avoue, j’étais refroidie même dégoutée… Surtout en lisant les critiques dithyrambiques des journalistes mainstream de France 24, France Culture & Cie… Cela n’inspirait  vraiment rien de bon…

Coup de chance, grâce à la super team d’AfroKanLife et de Black Movies Entertainment – merci encore à eulles et au passage bravo pour leur super boulot 😀 – j’ai gagné 2 places et c’est à reculons que je me suis enfin décidée à y aller…

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UNE SÉRIE DE CLICHÉS NOYÉE DANS UNE MISE EN SCÈNE INEXISTANTE

Vous l’aurez compris, j’ai détesté le film !

J’ai passé 1H48 – bon en réalité 1H40 j’ai manqué le début à cause du métro parisien ! – 1H40 de malaise, d’incompréhension, d’ennui, d’indifférence… Au bout d’un quart d’heure, j’étais pressée de voir le générique de fin apparaître tout en me disant que j’étais face à la plus grosse arnaque, éprouvant la même lassitude que lorsque j’étais ado et lisais Voici, titillée par le racolage d’une Une annonçant le drame de Johnny Hallyday pour au final, nous parler de sa jambe cassée (LOLZ)

Un nouar- e qui explique aux blanc-he-s ce qu’est un nouar-e :

La première mauvaise surprise du film : Nous faire croire qu’il visait à mettre les blanc-he-s face à leurs contradictions, qu’il ambitionnait de leur faire prendre conscience de leurs attitudes/ décisions merdiques envers les noir-e-s et des conséquences néfastes sur nos vies quotidiennes ainsi que dans le maintien d’un racisme systémique. N’est-ce pas le sens de « Dear White People…*Sam’s voice* Au contraire, tel un anthropologue – blanc – à la découverte de « nouvelles » peuplades, le réalisateur (noir) Justin Simien s’est donné pour mission sacrée et impérieuse de dresser le portrait des « nouveaux » noir-e-s, ceulles de la génération Obama, vous savez celle de l’ère soi disante post-raciale... Lamentablement, Simien consacre 1H48 de bobines à décrire aux blanc-he-s, des figures inconnues car les blanc-he-s aisés (ou pas) ont beau ne pas être racistes, très peu connaissent les noir-e-s ou ont un ami-e noir-e. C’est ainsi que le film se penche sur 4 personnages aussi superficiels que caricaturaux, qui résumeraient les afros intégrés ? de classe moyenne ?  :

– la métisse ultra engagée : plus tu es clair-e, plus tu es capable d’analyser, de produire un discours de plus de 3 phrases, d’être conscientisé-e  et charismatique ? C’est ça ?

– la bien nouareeee complexée et totalement aliénée avec ses postiches, ses lentilles bleues, toujours un petit mot pour défendre papa blanc et forcément jalouse de maman blanche…

– le nouare bourgeois assimilé qui force l’intégration – fils du doyen de l’université, en couple avec une blanche dont la seule ambition est de reproduire peut-être dépasser papa qui malgré son ascension n’a jamais pu occuper la 1ère place …

– le nouare homosexuel au superbe afro rejeté par les 2 groupes raciaux et  qui ne trouve pas sa place…

Sans oublier une bande de noir-e-s indistincts dont leur seul intérêt est qu’illes sont noir-e-s et suivent la métisse au discours radical…

Tou-te-s les protagonistes sont des caricatures affligeantes, sans consistance et sans complexité – on ne sait pas vraiment grand chose d’eulles, si ce n’est un caractère homogéneisant (rebelle, aliéné-e, perdu-e, coléreux) et négatif. Aucun des étudiants protagonistes n’est mis en perspectif afin de les individualiser, de les rendre plus attachants au point de s’y identifier… À vouloir dresser un listing filmé de TOUS les spécimens noir-e-s, classe moyenne, qui existeraient, Simien tombe dans la simplification crasse… Aucun personnage ne m’a ému, touché, aucun ne m’a suscité la moindre empathie, compassion ! Aucun ne m’a permis de m’identifier, de me reconnaître…

À l’inverse, je me suis de nouveau sentie flouée ! À me rendre au ciné pour qu’encore une fois, on se foute de notre gueule en nous minimisant, en nous réduisant au statut de noir-e, en nous retirant toute charge politique et comme d’habitude j’étais mal à l’aise tandis que les blanc-he-s de la salle étaient mort-e-s de rire…

Une mise en scène inexistante voire désolante :

Un reproche que je fais beaucoup aux réalisateurs Afroaméricain-e-s (ça concerne aussi les réalisateurs Afropéen-ne-s): dans une grande partie de leurs oeuvres, illes n’ont pour unique fil conducteur que « être noir-e-s » ! Et ça donne des réalisations sans relief, souvent des copier-coller de problématiques/ intrigues blanc-he-s mais adaptées à la sauce « noire ». Des mises en scène parfois sans queue ni tête, très peu originales car le sujet en lui-même le serait ! C’est vrai quoi, être noir-e est un état qui se résume de lui-même. « Dear White People » n’échappe pas à la règle puisque dans le film « être noir » semble définir l’essentiel de l’identité des étudiant-e-s noir-e-s, soit une vision des personnes noires ô combien raciste…

Par ailleurs, les scènes s’enchaînent sans véritable intrigue formant un squelette solide pour le film. Du coup, j’ai eu l’impression de regarder une succession de sketchs, ponctués d’échanges insipides, de monologues plus ou moins politisés, faussement dérangeants et le pompom pour la fin, à une comédie à l’eau de rose pour ados avec une héroïne qui ne sait pas si elle doit écouter son coeur ou sa « raison ». Personnellement, je n’ai pas compris 1/3 des dialogues, blagues et références du film…

Comment dépolitiser les discours politiques des noir-e-s ? 

Le personnage de Sam – intéressant de mettre en avant une femme dans le rôle de leader, moins qu’elle soit métisse – Après avoir passé son temps à déglinguer (assez mollement) les blanc-he-s par son blablabla pseudo révolutionnaire, il s’avère qu’au final son combat n’était dû qu’à un problème relationnel avec ses parents – en gros, toute sa radicalité n’était qu’une façade, d’ailleurs à un moment du film, elle affirme en avoir marre de jouer la rebelle de service (merci pour nous les noir-e-s militants… C’est vrai que c’est drôle de dénoncer/combattre le racisme structurel et qu’un moment faudrait qu’on pense à retourner dans la vraie vie… Comme Sam !) Et on comprend qu’une bonne thérapie aurait pû empêcher tout ce remue ménage dans l’université. Ainsi, Simien à travers ce personnage, invalide toutes les paroles politiques soulevant les problèmes raciaux, en les ramenant à de vulgaires problèmes identitaires (la métisse qui n’arrive pas à choisir son camp) voire psychologiques (elle en voulait beaucoup à son papa blanc)… Tiens tiens ça ressemble étrangement aux remarques affligeantes que tiennent les Français blanc-he-s pour éluder la question raciale en contexte français…

Et comment Sam résoud ses soucis existentiels qu’elle a confusément assimilés à un problème politique de rapports sociaux inégaux basés sur la race ?!???!! Ben en choisissant de se mettre en couple avec son soupirant blanc ! Ben oui comme nous l’a si bien dit Common, il suffit de tendre une main d’amour vers les blanc-he-s pour en finir avec le racisme (« Racism can end if Blacks extend a « Hand in Love » to Whites ») -____- » et ça prouve que tou-te-s les blanc-he-s ne sont pas de méchants, stupides racistes, il y en a des biens ! Ouais moi aussi je suis en mode WTF car cette fin casse une superbe réplique de Sam au doyen noir (on se demande pourquoi lui), expliquant que le racisme est un système construit sur la hiérarchie des races et non de simples préjugés sur les autres…

Le personnage de Coco – la meuf noire « foncée » est aussi fade et monotone que Sam. Malgré la mysoginoir et le racisme qu’elle subit, elle est incapable de s’insurger... alors qu’il y avait des choses à proposer, à remettre en question avec ce personnage ! Même la scène de la vidéo où enfin elle entreprend une action et cherche à contrecarrer l’émission de Sam (je n’y ai rien compris mais vraiment rien) on voit qu’elle se positionne par rapport au regard des autres (blanc-he-s) et reste inlassablement attachée à sa condition d’aliénée… Lors d’un instant fugace, on s’aperçoit que parfois elle est un peu triste mais bref tu peux rien dire sur elle tellement elle est peu développée/ complexifiée. Quant à son discours sur les blanc-he-s qui souhaitent nous ressembler juste méga lol – ce qu’illes aiment c’est se réapproprier notre culture pour jouer les subversifs, satisfaire leur besoin de virilité primaire, casser les codes culturels transmis par « papa-maman » et j’en passe… C’est juste du délire anecdotique dans leur vie de dominant-e-s, une lubie qui n’a aucun impact sur leur vie… – Je développe ça parce que l’entendre dans le film avait vraiment l’air de dire que les blanc-he-s ne sont pas vraiment racistes car beaucoup admirent les cultures noires/ afro-descendantes

J’ai pas retenu le nom des 2 personnages masculins – pour vous prouvez mon indifférence à ce film ahaha – mais j’avoue ne pas m’être penchée sur eux (surement parce que je ne suis pas un homme ^___^)…Si ce n’est que j’en veux à Simien d’avoir présenté un noir avec un méga afro mais tout le long du film, tout le monde se fout de sa gueule en dénigrant sans arrêt ses cheveux crépus ! Et comble de l’horreur, lors du dénouement, il est enfin intégré dans le camp des noir-e-s avec une tête de noir respectable, c’est-à-dire les cheveux rasés ! En revanche, je trouve hyper intéressant que ce soit le noir homosexuel qui mène la lutte finale.. Pour terminer, Je lui en veux d’avoir aussi peu déconstruit l’aliénation des hommes noirs notamment dans leurs relations avec les femmes blanches qui s’appuient en grande partie sur des présupposés racistes (gros sexe, virilité sauvage etc…)…

Je pourrais poursuivre mon pamphlet mais j’avoue qu’après 2 jours, des pans entiers du film disparaissent de ma mémoire 😀 je vais donc terminer par ces mots : « Dear White People » est une daube cinématographique, qui ne mérite même pas d’être vu en streaming ! Il est juste la preuve qu’un profil aussi intéressant politiquement que le réalisateur – noir homosexuel qui a étudié dans une université à majorité blanche située à proximité d’un quartier majoritairement noir et pauvre – peut pondre une horreur dépolitisée et sans intérêt… si ce n’est pour les blanc-he-s.. Voilà le nouveau noir-e  ! Sa tâche principale : reproduire et valider le discours dominant raciste à l’encontre des noir-e-s…

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Auteur : manyyyyyyyy

Jeune trentenaire, enseignante, afroféministe et panafricaine, je m'attèle à ce que le monde et moi cheminions vers plus de justice, de paix et d'amour.

16 réflexions sur « SPOILER – « Dear White People », du rêve d’un cinéma afro politisé au cauchemar d’un ciné new afro dépolitisant »

  1. Coucou, pour une fois je ne suis pas du tout d’accord avec toi, je te trouve beaucoup trop sévère pour un film de 1h40 environ. D’abord, pourquoi tu dis des mots comme « ceulles » ou « illes » ??? J’ai cru que c’étaient des fautes de frappes mais comme tu le répètes souvent, je pense que c’est fait exprès et ça me pertube pas mal, mais bon, c’est pas un point négatif.

    Pour le film, j’ai pas eu le même sentiment que toi, le personnage de Sam montre une certaine ambiguité car certaines personnes noires se sentent dans l’obligation de choisir un « camp ». Quand tu es engagé dans ce genre de lutte, si tu sors avec un blanc ton discours est totalement décrédibilisé. J’ai en tête l’exemple de Kendrick Lamar, qui dans voulait mettre en avant les filles à la peau foncée dans ses clips. Mais maintenant qu’il est fiancé avec une fille à la peau claire, ça fait polémique. Donc même si la fin sur Sam et ses problèmes avec son père font culcul, le réalisateur touche un point sensible. Quand tu défends des positions raciales fortes, tu dois t’y tenie, et celà passe par la coiffure, les vêtements et même le compagnon…

    Coco, c’est surtout l’image de la fille qui ne s’aime pas . ça se voit aussi par les rapports qu’elle entretient avec les mecs, et je pense qu’il y a pas mal de nanas qui sont capables de se reconnaîtrent là dedans. Et c’est rare qu’on montre les complexes des filles noires. D’habitude dans les films, la noire c’est juste la bonne pote souriante et grande gueule.

    L’homo à l’afro, lui j’ai pas trop capté… Mais c’est surement parce que le réalisateur est gay. Il fait comme le réalisateur d’Empire, il projette tous ses problèmes et complexes dans un seul et même personnage assez atypique, et qui se révèle à la fin -_-‘ Mais ça ce n’est pas vraiment un souci lié à sa couleut ou autre. C’est juste pas assez subtil à mon goût.

    Puis le fils à papa gros bourge, ça montre une autre tranche des personnes noires qui peuvent aussi être de bon gros arrivistes 🙂

    Ce film caricature un peu tout le monde, même les blancs. Il met juste en avant différent problème spécifique au noir, s

    1. tant mieux si ça perturbe ;D c’est pour prendre en compte les genres, forme de neutralité !

      En ce qui concerne le film, je maintiens mon jugement ! techniquement, il est nul… Concernant les personnages, comme dans la vraie vie, il faut situer la personne qui parle… dc bon la critique du colorisme très forte dans la communauté afro se justifie ! Quand tu combats le racisme tu n’as pas de camp à choisir entre blanc-he-s et noir-e-s mais entre maintenir un système qui institutionnalise l’oppression par la « race » ou le détruire ! Dans mon post, je ne critique pas que Sam sorte avec un blanc mais que c’est le fait de sortir finalement avec lui qui résoudrait le racisme et sa rébellion (à la limite de l’hystérie féminine ?) pour moi, le réalisateur touche rien du tout… Quant à ceulles qui polémiquent sur faut-il sortir avec des blanc-he-s ou pas – question privée, personnelle – ça n’a rien à voir avec la lutte politique qui combat le RACISME en tant que fait institutionnel, fait qui nous met sans arrêt dans le mal-être, le non-choix, l’étau quoi ! Coco dans ce film ressemble plus au fantasme de l’aliénée décrite par les hoteps et « nappex » qu’une meuf interessante. Bref, le gros ratage de ce film c’est qu’il s’annonçait comme une charge politique mais il n’en est rien cassant…

  2. Merci à toi pour cette excellente critique que je n’ai pas eu le courage d’écrire sur mon blog, trop en colère pour rédiger quoi que ce soit. Certain(e)s Noir(e)s se plaignent que les distributeurs Français boycottent les long-métrages afro-américains avant même de les avoir vus. Que dire? D’une, j’appelle ça déplacer un problème (manque de Noir-e-s dans le cinéma français) pour en créer un autre : le colorisme si cher aux Américains + l’hégémonie américaine sur les questions raciales qui invisibilisent les problématiques « afro-européennes » comme l’a très bien expliqué une jeune fille dans la série « flâner » de Cécile Emeke. De deux, si c’est pour qu’on nous envoie ce genre de films pseudo-antiracistes complaisants, je préfère qu’ils ne soient pas distribués ici hein, LOL.
    Bonne soirée.

    1. Merci à toi pour ce retour ! Tes remarques sont si justes c’est vrai qu’il faut décentraliser nos regards et moyens de lutte☺️ J’avoue que si j’ai tant cru en ce film c’est que pour moi les Afro-US sont censé-e-s être loins sur ces questions là… mais y a 1 construction idéologique du « new black » qui prend de + en + de place de façon inquiétante en raison de son pouvoir dépolitisant 😩

  3. Bonsoir, je voulais vous dire que votre texte est vraiment intéressant. Je suis blanc et en plus je n’ai pas vu le film, du coup je n’avais aucune idée de quoi en penser après avoir vu la polémique sur le film sur le Twitter français, donc merci 🙂 . Je voulais aussi vous demander si ça vous gênait si je montrais votre texte à une de mes professeures avec qui m’avait parlé de DWP et qui m’avait dit que je devais absolument le voir. Je lui ai parlé des réactions que j’avais vu sur Internet, mais au final je ne savais pas vraiment sur quoi elles se basaient et je ne pouvais donc pas lui en parler de manière concrète. Passez une bonne soirée 🙂 !

  4. ENFIN ! C’est exactement mon opinion sur le film, merci d’avoir pris le temps de la développer !

    Je te signale juste une petite coquille dans la citation (stupide) de Common : tu as mis ‘hand’ au lieu de ‘end’ 😉

  5. Bonjour,
    J’avais pas réussi à expliquer pourquoi ce film m’avait mise si mal à l’aise donc merci pour cet article.
    Sinon, en tant que métisse j’ai trouvé le personnage de Sam affligeant. C’est toujours la même chose pour nous, surtout dans l’imaginaire blanc, le cul entre deux chaises, une histoire familiale mixte qui est censé déterminé toute ta personnalité, tes choix etc… Enfin bref, merci 🙂

  6. Merci pour votre avis sur ce film.

    Je précise pour commencer que je suis un homme blanc jeune altersexuel, issu d’une famille 100% blanche et française, donc nous nous n’avons jamais eu à subir de racisme ou de xénophobie.

    J’apprécie d’avoir un avis d’une personne concernée, car mon avis était déjà mitigé et sceptique à la fin du film (vu en VOST ENglish après téléchargement)… Est-ce que j’ai vraiment vu une comédie **SATIRIQUE** / caustique ? ?
    Faut-il rire *là* [à tel instant ou blague] ? Moralement j’ai le droit ou pas ? Et si j’ose, sera-ce mal vu ?…

    Je pense que le film aurait gagné en force avec seulement deux personnages principale/aux, parce que quatre perso, c’est tout de suite très « lourd » à gérer dans un scénario, et on s’y perd un peu hélas :/

  7. Merci pour ce texte. Soit dit en passant, je suis encore en train de rire de la comparaison avec la Une de Voici sur Johnny Hallyday. Trop fort!
    Même avis sur le film! 100% déçue!

  8. Merci de votre critique, c’était très intéressant.

    J’ai aussi été beaucoup choqué par le gars qui se rase son afro et « rentre dans le rang », étant félicité pour cela, c’était… Juste non.

    Par contre, pour ce que ça vaut (pas grand chose^^), la remarque de Sam comme quoi elle en avait marre d’être la « angry black chick », j’ai plutôt perçu ça comme de la lassitude et du découragement par rapport au fait, non seulement d’être sans cesse confrontée à des choses qui la hérissent, mais également d’être perçue uniquement sous ce prisme, comme si elle ne pouvait être que ça et rien d’autre. Comme si elle en pouvait plus, et, vaincue, laissait tomber pour se réfugier dans son petit couple douillet.

    Et du coup, en écrivant ça, si je relie ces 2 évènements, j’ai l’impression que ce film, peut-être malgré lui, décrit un échec complet:
    – Les deux personnages (Coco et Troy) qui veulent rejoindre le camp des blancs n’y arriveront jamais, malgré tous leurs efforts, seront toujours discriminés de part leur couleur de peau.
    – Les deux personnages (Sam et Lionel) qui se rebellent contre le système finissent par en avoir marre d’être ostracisés et/ou de lutter, et, à l’instar des deux précédents, faire de leur mieux pour devenir invisibles et ne pas faire de vagues.

  9. Critique pertinente et presque juste…Presque parce que il y’a dans le film des references Afro-AMERICAINES, comme la « militant fatigue » pour Sam ou les « respectability politics » pour le personnage du jeune Afro Queer. Ce sont des sujets a peine effleurer par le realisateur et quand bien meme Il manque de vision et d’intention. Perso,le film m’a laisser a 35°c, ce qui est le pire pour une oeuvre cinematographique. Justin Simien risque de.nous faire une carriere a.la John Singleton. si vous pouvez aller voir Manos Sucias, un excellent thriller colombien produit par Spike Lee.

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